De la SpaceXXL dans le bas du dos
Ils ont vu la fusée filer vers les étoiles, extase,
Ils ont signé le chèque en rêvant de la base,
« Cette fois c’est la bonne », répétait la phrase,
Pendant que le graphique brillait comme un phare dans la brume épaisse, hélas.
Ils sont montés à bord tout près du sommet, quelle audace,
Au plus haut du parcours, juste avant la grimace,
Les vendeurs souriaient avec beaucoup de classe,
Eux achetaient du rêve emballé dans une belle carcasse.
Puis le marché a tourné, sans prévenir la masse,
Vingt pour cent envolés, et davantage selon les traces,
Les comptes ont rougi, finie la bamboche et la terrasse,
Le portefeuille pleure en silence derrière sa cuirasse.
« Temporaire ! », disent-ils encore avec ténacité vorace,
« Mars nous attend demain », répond la même rengaine fugace,
Car dans leur tête résonne toujours la conquête de l’espace,
Même si la moins-value leur fait actuellement la grimace.
Ils espéraient des colonies, des moteurs qui dépassent,
Des villes sous dômes rouges et des robots qui ramassent,
Des milliards de profits dans une joyeuse farandole qui s’entrelace,
Pas un trou béant dans leurs économies qui les menace.
Aujourd’hui le constat est brutal comme une gifle qui fracasse,
Ils se sont fait enfler sévère, et le mot n’est pas dégueulasse,
Le rêve était géant, la correction tout aussi vaste,
Comme une météorite financière tombée sans préface.
Pourtant personne ne quitte vraiment la terrasse,
On surveille Musk comme un prophète qu’on embrasse,
Chaque tweet rallume une dernière étincelle qui repasse,
Chaque promesse reporte encore l’heure où l’on se lasse.
Alors ils attendent, dignes malgré la mélasse,
Espérant qu’un jour la vision devienne efficace,
Que les chiffres remontent enfin avec grâce,
Et que le marché transforme la douleur en menace qu’il efface.
Mais en attendant la gloire et les futurs palace,
Ils ont le Space XXL bien calé dans le bas du dos qui tracasse,
Et chacun sait qu’un tel engin, quand il s’y place,
Peut faire très, très mal... quelle cocasse impasse.