Ils sont tous brillants, ils ont suivi de grandes études,
des êtres doués d’une intelligence hors du commun,
comment peuvent-ils raconter autant d’âneries chacun ?
Il faudrait leur dire, gentiment, sans être trop rude.
La démocratisation de l’épargne, c’est du folklore,
Quand les citoyens en viennent aux mains de leur porte-monnaie,
Pour investir sur des placements que tout le monde connait,
C’est susciter un intérêt qui n’a pas lieu d’être, une petite mort.
Prends le private equity, un placement en vogue,
Son âge d’or est terminé, les pros sont rincés,
Alors on le fourgue aux particuliers, pour que les pertes soient comblées,
Suffit de dire que l’on démocratise le private equity, le tour est joué.
Avec 100 balles tu peux rêver à jouer aux investisseurs,
Sauf que tu vas probablement te prendre une porte en pleine face ,
Car si les pros te laissent passer, c’est que les pertes sont dans la place,
Tu le comprendras dans quelques années avec rancœur.
C’est toujours la même rengaine, plus c’est gros, mieux c’est,
Les gogos avides de gros lots se précipitent tels des affamés,
Pour bien les appâter des beaux rendements passés tu fais miroiter,
Et ils vont craquer, pensant être plus malins que Crésus ressuscité.
Comme un exchange sur la plateforme FTX n’est en rien une démocratisation,
Pour le private equity, c’est tout pareil, tour de passe-passe et illusion,
Il ne s’agit pas de démocratisation mais de popularisation.
Ce placement devient populaire, c’est tout. Cela fait moins vendeur, déception.
L’on voudrait nous faire croire que c’est parce que de plus de plus de personnes
mettent des ronds sur un placement en particulier qu’il est bon.
On nous prend encore pour des abrutis, et cela raisonne,
C’est justement le contraire, mais les gogos sont des jambons.
Le private equity c’était bien quand cela restait confiné,
Dans les bureaux feutrés des banquiers d’affaires.
Quand les valorisations pouvaient être maquillées,
Histoire de publier de forts rendements entourés de mystère.
Mais maintenant que Mme Michu va venir placer,
ses 150 balles de sa pension étriquée,
les frais vont avaler la moitié de sa rente,
et manque de bol, la conjoncture appuiera sur la détente.
Récession et dix de der. Quand tu es petit, tu perd.
C’est cela le capitalisme, mon pote, pour gagner,
il faut parfois savoir ne pas jouer.